Comment choisir son poisson? Pour sa propre santé et celle des écosystèmes marins

Aujourd’hui on va faire un petit voyage dans le monde marin qui s’invite dans nos assiettes. On entend beaucoup de choses et son contraire sur ce qu’il faut manger comme poisson ou pas (d’un point de vue nutritif et écologique) et nous allons essayer d’apporter un peu de clarté là-dessus.

D’un point de vue nutritionnel:

Le poisson a bien des qualités nutritionnelles et il est bon d’en consommer régulièrement (environ 2 fois par semaine). 

  • Source d’acides gras essentiels
  • Riche en protéines et vitamines, …

Mais attention, autant il est bon d’en consommer régulièrement, autant il est important de diversifier les types de poissons consommés et les espèces, à la fois du point de vue de sa propre santé que des celle des écosystèmes marins.

quel type de poisson manger

Du point de vue de la santé humaine

Certains poissons dits “gras” comme lanchois, la sardine, le hareng, le saumon, sont particulièrement riches en acides gras Oméga-3, excellentes sources de graisses, qui aident notamment à réduire les risques de maladies cardio-vasculaires.

La consommation de poisson gras doit tout de même être modérée. En effet, les poissons présentant des teneurs élevées en matières grasses accumuleraient davantage les polluants que d’autres espèces. Malgré son immensité, la mer n’est pas vierge de toute pollution. De nombreuses espèces marines sont des bio-accumulateurs.

Bio-accumulateurs = c’est-à-dire qu’elles accumulent dans leur chair les composés organiques et chimiques qui se trouvent dans l’eau ou dans leur alimentation, accumulation qui s’amplifie tout au long de la chaîne alimentaire.

Ainsi les grands prédateurs (qui se nourrissent de plus petits poissons qui s’étaient déjà nourris de plus petits poissons) peuvent présenter de fortes concentrations en polluants organiques persistants (type PCB et dioxines), en pesticides et en métaux lourds, notamment en mercure.

En termes de consommation

  • La consommation d’espèces prédatrices telles que le saumon, la lotte (ou baudroie) et le bar, doit être limitée,
  • Tandis que la consommation de ‘super prédateurs’ tels que les thons, l’espadon et les requins doit être complètement proscrite chez les femmes enceintes et les enfants en bas âge (moins de 30 mois) et occasionnelle chez les autres..
  • Des espèces de petites tailles, type anchois et sardines, qui sont à la base de la chaîne alimentaire, présentent quant à elles des concentrations en polluants et métaux lourds moins importantes et peuvent donc être consommées plus régulièrement.

Quelques suggestions: quelles espèces consommer et avec quelle fréquence

Il est important de manger un peu de tout et de s’assurer de la qualité et de l’origine des produits!

Cliquer sur le tableau ci-dessous pour agrandir l’image! 

Oser diversifier sante environnement produits mer poisson

Du point de vue de l’écosystème

Il est également important de diversifier sa consommation car chaque espèce a un rôle différent dans l’écosystème.

Filtreurs, planktivores, détritivores, piscivores, les rôles sont variés mais tous contribuent au bon fonctionnement et à l’équilibre de l’écosystème. Les espèces sont toutes reliées entre elles, souvent à la fois proies, servant de nourriture aux plus grands, et prédateurs consommant les plus petits, souvent les plus faibles ou malades, contribuant ainsi au maintien de la santé de l’écosystème.

Santé produit mer alimentation

Mais les espèces ne sont pas toutes égales du point de vue biologique

Toutes les espèces ne se reproduisent pas avec la même fréquence et fertilité.

De nombreuses espèces, notamment celles de petites tailles, se reproduisent fréquemment, et font de très nombreux petits. Cette quantité est néanmoins contrebalancée par une forte vulnérabilité: ces petits connaissent une forte mortalité en servant de nourriture à de nombreux individus de plus grande taille, y compris potentiellement leurs propres parents. D’autres espèces atteignent leur maturité sexuelle très tardivement et n’ont qu’un très faible nombre de petits à chaque fois. Ce faible nombre est néanmoins contrebalancé par une taille importante à la naissance qui assure une meilleure survie de ces petits. Ces espèces sont donc moins vulnérables à leurs congénères mais potentiellement plus vulnérables à l’exploitation par la pêche car se reproduisant en moins grand nombre.

Où se renseigner? Acheter son poisson?

Se renseigner sur la biologie des espèces que l’on consomme permet de savoir si l’espèce peut être consommée plus ou moins fréquemment. En achetant vos produits de la mer directement au port ou au marché, vous aurez la possibilité d’avoir non seulement des produits frais, mais en plus de vous renseigner sur les conditions dans lesquelles ils ont été pêché.

poisson diversité alimentation

Et la pisciculture dans tout ça ?

La pisciculture c’est l’équivalent de l’élevage mais pour les poissons.

L’aquaculture quant à elle regroupe l’élevage de tous les produits aquatiques, d’eau de mer ou d’eau douce : poissons (pisciculture), coquillages  (conchyliculture), crustacés (pénéiculture), coraux (coraliculture) ou encore algues (algoculture).

En terme de santé humaine, ce qui s’applique aux poissons sauvages vaut également pour les poissons issus de l’élevage, poissons qui subissent en outre de nombreux traitements médicamenteux pour lutter contre les maladies qui prolifèrent plus facilement en raison des fortes densités de poissons en élevage.

Du point de vue de l’écosystème, la pisciculture intensive peut également avoir des impacts néfastes sur le milieu naturel tels que des pollutions ou des maladies et parasites. De plus, la pisciculture est encore fortement dépendante des ressources marines naturelles. Même si des progrès considérables ont été fait, la plupart des espèces élevées à l’heure actuelle en Europe sont des espèces prédatrices (saumons, truites, bars, dorades, etc.) dont l’alimentation reste encore très dépendante des espèces minotières, petites espèces pêchées dans le milieu naturel. La consommation d’espèces issues de l’aquaculture doit donc au même titre que les espèces sauvages faire l’objet d’une consommation modérée et diversifiée.

Pour conclure

Une grande diversité d’espèces propres à la consommation existe, donc osez diversifier pour votre bien et celui des écosystèmes marins et pour cela pensez aux fruits de mer: crustacés, céphalopodes, coquillages et escargots.

Poisson santé environnement

Cet article a été écrit par Laurence F.

Laurence a suivi des études en biologie et agronomie et s’est spécialisée en halieutique, la science des pêches. Au cours de ses études, elle a eu la chance de réaliser plusieurs stages en France et à l’étranger (îles Canaries, Australie et Etats-Unis) notamment dans une pisciculture de bars et sur un bateau de pêche à la sardine. Elle a travaillé sur des projets de recherche scientifique sur l’estran (la partie du littoral qui subit la marée) et sur les requins. Elle est désormais en thèse pour étudier les pressions et impacts de la pêche sur les communautés marines. Monitrice de plongée, elle va aussi souvent que possible à la découverte du monde marin et la rencontre de ses habitants. Elle participe régulièrement à des projets européens et conférences internationales lui donnant la chance d’échanger sur son travail et sa passion. 

Experte halieutique

Si vous souhaitez continuer à lire des articles sur l’alimentation saine, n’hésitez pas à cliquer sur le lien suivant: Alimentation Saine.

Sites utiles si vous voulez en savoir +

N’hésitez pas non plus à laisser vos commentaires ou questions ci-dessous!

A bientôt

Under Water

Advertisements

What do you think | Qu'en pensez vous | Qué te parece ?

Fill in your details below or click an icon to log in:

WordPress.com Logo

You are commenting using your WordPress.com account. Log Out / Change )

Twitter picture

You are commenting using your Twitter account. Log Out / Change )

Facebook photo

You are commenting using your Facebook account. Log Out / Change )

Google+ photo

You are commenting using your Google+ account. Log Out / Change )

Connecting to %s